Qu’est-ce que le succès pour un enfant ?

Les enfants ne pensent pas de la même façon que les adultes. Ils voient les choses différemment et cette façon de voir varie selon l’âge, le sexe et le sport pratiqué. Jean Whitehead, Ph.D., chercheuse britannique, a demandé à 3 000 jeunes de neuf à seize ans d’expliquer ce que représente pour eux le succès sportif. Les réponses ci-dessous proviennent d’élèves du primaire :

«J’ai réussi mon premier plongeon renversé devant mon père et mon frère.»

«J’ai nagé toute la longueur de la piscine sans aide.»

«J’ai été le seul qui a réussi à le faire pendant l’entraînement.»

«Je me suis beaucoup entraîné et, un jour, j’ai réussi1 

Ces réponses démontrent que les enfants ne limitent pas le succès à la victoire. En fait, la victoire est souvent la dernière raison citée par les enfants interrogés au sujet de leur participation.

Whitehead a écrit ce qui suit dans un article intitulé «Why Children Choose to do Sport—or Stop» publié dans Coaching Children in Sport : «Les jeunes enfants cherchent bien plus à maîtriser leur environnement et à acquérir des aptitudes qu’à vaincre les autres, du moins jusqu’à ce qu’on leur dise qu’ils doivent gagner.»

Les enfants d’environ dix ans et moins croient que le succès et les bons résultats sont le fruit des efforts fournis et leur vaudront l’approbation de la société. Ils n’ont pas d’attentes précises quant à leur succès futur dans le sport, car leur capacité à évaluer leurs propres aptitudes se développe très lentement. Ils croient que ceux qui y mettent l’effort réussiront et que ceux qui réussissent ont travaillé fort. Pour les enfants de cet âge, terminer la course peut signifier le succès, qu’ils aient terminé premier, deuxième ou vingtième.

Les enfants commencent à comparer leurs aptitudes à celles des autres enfants vers l’âge de six ou sept ans. Ils commencent alors à se demander si les autres peuvent faire les mêmes choses qu’eux. Ils qualifient de «difficiles» les choses que très peu d’enfants réussissent à faire. Ce n’est que vers l’âge de douze ans que l’enfant pourra faire la différence entre l’aptitude, la chance, l’effort et le talent sportif.

Les enfants jugent très mal leurs propres aptitudes. Ils doivent donc faire appel aux autres pour savoir s’ils se sont améliorés et où ils se situent par rapport aux autres. Les parents ont donc l’immense responsabilité d’établir des normes raisonnables qui ne décevront pas l’enfant.

Source : Les enfants et le sport : une introduction Parlons franchement des enfants et du sport



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